Latest: Un décès qui me crève le cœur


Comment décrire la peine que je ressens depuis l’annonce de la mort de Brian Mulroney? 

• À lire aussi: L’ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney est décédé

• À lire aussi: «Un homme foncièrement bon»: la classe politique rend hommage à Brian Mulroney

Même si nous étions au «tu et à toi» depuis quelques années, j’ai trop de respect pour cet homme immense que je ne peux dans ces pages l’appeler autrement que «Monsieur Mulroney». Nous nous sommes vus pour la dernière fois le 29 octobre au baptême des deux enfants de Pascale Bourbeau et Pierre Karl Péladeau.

Ce dimanche-là, à l’église Saint-Viateur d’Outremont, je n’avais jamais vu Monsieur Mulroney aussi fragile et sa femme Mila aussi soucieuse. Avec raison, car son homme était cassant comme du verre. Avec ma femme Maryse, nous avons passé toute la cérémonie à leurs côtés. Je ne pouvais quitter Monsieur Mulroney des yeux. Bien mis comme toujours, souriant aussi, le moindre mouvement qu’il faisait lui arrachait un rictus. Avant de quitter l’église, nous les avons embrassés et j’ai donné à Monsieur Mulroney un long câlin.

Dans les semaines qui suivirent, nous lui avons envoyé quelques courriels d’amitié et d’espoir, puis des vœux de Noël et de bonne année. Je me doutais qu’ils seraient peut-être les derniers. Depuis, j’ai gardé pour moi toutes les pensées inquiètes que j’ai eues à son sujet, souhaitant sans y croire que le cancer qui le minait soit aussi lent que celui qu’on m’avait diagnostiqué huit ou neuf mois plus tôt. En l’apprenant, Monsieur Mulroney avait d’ailleurs eu la délicatesse de me téléphoner longuement pour m’assurer «que ça irait bien», me citant la guérison quasi miraculeuse de Luc Lavoie, un ami commun, atteint aussi d’un cancer du poumon.

PETITES CONFIDENCES

Ce n’était pas la première attention que me portait Monsieur Mulroney. Deux ans plus tôt, le mois de mes 90 ans, Mila et lui nous invitèrent à dîner sur la terrasse de leur appartement. Le couple Péladeau y était aussi. Je ne suis pas dupe. C’est sûrement Pierre Karl qui avait alerté Monsieur Mulroney de mon anniversaire. Ce soir-là, alors que le soleil n’arrivait pas à se coucher derrière le mont Royal et pendant que la compagnie prenait l’apéro, Monsieur Mulroney et moi avons échangé des confidences.

Il m’a parlé de son amour pour Mila qui ne s’était jamais affadi, de l’énorme fierté qu’il éprouvait à l’égard de ses enfants, de l’apartheid en Afrique du Sud qu’il avait contribué à anéantir, du libre-échange (qui m’avait fait voter deux fois pour les conservateurs) et, évidemment, des tristes échecs de Meech et de Charlottetown. Puis avec le sourire moqueur mais si cordial qu’il arborait souvent, il m’a rappelé qu’un soir de juillet, plusieurs années plus tôt, il m’avait montré un décompte de l’Université McGill (je crois) classant par ordre d’importance les premiers ministres du Canada depuis la Confédération. «Tu vois, dit-il, je suis devant ton ami Trudeau!»

PAS BESOIN DE SONDAGE

Pas besoin de sondage, pas besoin non plus que de savants universitaires de McGill ou d’ailleurs déterminent la place qu’occupe Monsieur Mulroney en politique. Dans le cœur des Québécois la première place lui revient devant Trudeau et devant tous ceux qui ont occupé le poste de premier ministre du Canada.

Ce soir, sous le coup de l’émotion, je suis bien tenté d’écrire que Monsieur Brian Mulroney fut, et de loin, le plus grand premier ministre du Canada. Et de loin l’homme le plus agréable et le plus chaleureux que j’aie connu.





Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

AT&T Offers $5 Credit to Customers National Banana Bread Day 2024 Recipes National Margarita Day: Must visit restaurants and bars in Orlando AT&T outage: Everything you need to know about it!! Oppenheimer IMAX 70mm