Elle a 40 ans de carrière et des dizaines de succès à son actif. Elle n’a plus rien à prouver. N’empêche, c’est avec la passion d’une jeune première que Marie Denise Pelletier revisite son répertoire avec Sous ma peau de femme, une nouvelle tournée ne laissant aucun doute possible: la chanteuse figure parmi nos plus grandes voix.
Sur scène, une poignée de musiciens. Un tabouret. Rien d’autre. Dès que Marie Denise Pelletier apparaît sur les planches au son de Cette femme-là, le ton est immédiatement donné; on a remisé tous les artifices usuels pour cette tournée, histoire de laisser la voix de la chanteuse prendre toute la place.
Car si certains cherchent à en mettre plein la vue, Marie Denise Pelletier avait visiblement l’intention de nous en mettre plein les oreilles lors de sa rentrée montréalaise à la Cinquième Salle de la Place des Arts, jeudi soir. Et c’est précisément ce qu’elle a fait tout au long de ce tour de chant d’une centaine de minutes, qui a souvent pris des allures de classe de maître.
D’hier à aujourd’hui
Au programme: les pièces de sa plus récente offrande – Sous ma peau de femme – ayant donné son titre à la tournée. Mais la chanteuse n’allait certainement pas bouder son plaisir – ni le nôtre, d’ailleurs – en remisant les succès ayant jalonné son illustre carrière. Marie Denise Pelletier valse ainsi allègrement entre les époques pour passer de ses immortels à ses titres plus récents. Et c’est avec la même adresse, le même contrôle vocal impressionnant, qu’elle s’exécute pour créer un survol exhaustif de ses quatre décennies de carrière.
Si on renoue volontiers avec les titres ayant forgé son renom – Pour une histoire d’un soir, Tous les cris les S.O.S., À dix-sept ans, Parti via Vancouver et compagnie –, on découvre avec tout autant de plaisir les pièces plus récentes greffées à son répertoire avec la parution de Sous ma peau de femme, l’automne dernier. Du lot, on s’en voudrait de passer sous silence la magnifique Quand l’amour veut mourir (née de la plume et du piano de Claude Gauthier) et Je t’ai connu (fruit d’une collaboration de Moran et Catherine Major), deux des moments forts de cette tournée.
On a donc enfin découvert ce qui se cache sous la peau de femme de Marie Denise Pelletier: une des plus grandes voix du Québec, assurément. Mais aussi une interprète au sommet de son art, toujours capable de toucher et d’émouvoir comme peu d’autres peuvent le faire.
- Marie Denise Pelletier remontera sur la scène de la Cinquième Salle de la Place des Arts vendredi soir. La tournée Sous ma peau de femme se poursuit jusqu’en novembre.